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Vivre la Semaine Sainte en 2026
29 mars - 5 avril 2026

Retrouvez dans ce dossier des éclairages, les homélies et les photos de la Semaine Sainte, du 29 mars au 5 avril 2026,
lors des célébrations présidées par Mgr François Gourdon.
Une entrée dans la Semaine Sainte qui nous met en mouvement !
Les Rameaux rappellent le moment où tout un peuple se lève pour accueillir Jésus et choisir de marcher avec lui. Ce n’est pas seulement un souvenir : c’est une invitation actuelle à entrer, nous aussi, dans ce chemin qui mène de la Passion à la Résurrection, source de vie et de bénédiction.
Six jours avant la Pâque juive, Jésus arrive à Jérusalem. La ville s’agite, la foule accourt, les voix s’élèvent. On étend des manteaux sur la route. On coupe des rameaux verts. On trace pour lui un chemin royal, comme pour un roi attendu depuis longtemps. Ce geste populaire, spontané, exprime une joie profonde : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Pourquoi une procession et des Rameaux ?
Les catholiques reprennent ce geste ancien en portant des rameaux de buis, d’olivier, de laurier ou de palmier, selon les régions.
Une fois bénis, ces rameaux deviennent un signe de paix, un appel à suivre le Christ, un souvenir vivant de son entrée à Jérusalem. Ils ne sont pas de simples décorations : ils sont un engagement à laisser le Christ entrer dans nos vies.
Tenir un rameau en main, c'est accepter de se mettre en route.
La procession du dimanche des Rameaux n’est pas un défilé : c’est le peuple de Dieu en marche, avançant ensemble vers Pâques.
Elle nous rappelle que la foi n’est pas immobile : elle est un chemin, parfois exigeant, mais toujours ouvert sur la lumière de la Résurrection.
Un cœur battant de la Semaine Sainte... et pour toute l'année !
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(Messe chrismale)
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Chaque année, au cœur de la Semaine Sainte, l’Église diocésaine se rassemble autour de son évêque pour vivre un moment unique : la messe chrismale. C’est l’une des célébrations les plus fortes de l’année, car elle manifeste l’unité de tout un diocèse, prêtres, diacres, consacrés et fidèles, réunis comme un seul corps. Durant cette célébration, l’évêque bénit les autres huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Les prêtres et diacres y renouvellent aussi leurs promesses sacerdotales et diaconales.
Elle sera célébrée en l'église Sainte-Madeleine de Darney le mardi 31 mars 2026. C’est une invitation à vivre ensemble un moment de foi, d’unité et d’espérance, à l’approche du Triduum pascal.
Pourquoi bénir des huiles saintes ?
Au cours de cette messe, l’évêque bénit trois huiles : l'huile des catéchumènes, l'huile des malades et le Saint-Chrême. Ces trois huiles seront ensuite envoyées dans toutes les paroisses du diocèse. Elles manifestent un lien concret entre l'évêque et chaque communauté ecclésiale du diocèse.
L’Église bénit des huiles parce qu’elles sont un signe concret de la présence de Dieu.
L’huile apaise, fortifie, guérit, parfume : elle dit quelque chose de l’action de l’Esprit Saint dans la vie des croyants.
Dans la Bible, elle est souvent associée dans la Bible à la lutte, à la préparation au combat. Dans l'Église, l'huile vient nous sanctifier.
En les bénissant, l’évêque demande que Dieu agisse à travers elles, dans les sacrements où elles seront utilisées auprès des catéchumènes, des malades et des nouveaux prêtres et diacres. Ces huiles ne sont pas des onguents magiques : elles sont des signes sacrés, qui manifestent que Dieu rejoint l’homme dans sa fragilité, sa croissance et sa mission.
- L'huile des catéchumènes : pour ceux qui se préparent à recevoir le baptême
Cette huile symbolise la force de Dieu, la lutte contre le mal et la liberté intérieure pour choisir le Christ.
En recevant cette huile pendant le catéchuménat, c'est être fortifié pour entrer dans la vie nouvelle comme chrétien.
- L'huile des malades
Cette huile est bénie en vue du sacrement des malades. Elle symbolise la tendresse de Dieu pour tous ceux qui souffrent, la guérison intérieure, la paix du cœur et la force dans l'épreuve. L'onction des malades n'est pas seulement un geste de réconfort, de consolation : c'est un sacrement qui apporte la présence de Christ médecin, qui relève et accompagne.
- Le Saint-Chrême, consacrée pour la mission
Le Saint-Chrême n'est pas seulement béni, il est consacré. Pendant la messe chrismale, l'évêque souffle sur l'huile afin de la consacrer en rappelant le geste du souffle de l'Esprit Saint. Cette huile vient marquer ce qui est consacré à Dieu. Son parfum rappelle que le chrétien est appelé à répandre « la bonne odeur du Christ » dans le monde, selon l'expression de Saint Paul (2e lettre aux Corinthiens (2, 15)).
Le Saint-Chrême est alors utilisée durant de grandes étapes de la vie chrétienne : le baptême, la confirmation, l'ordination des prêtres et des évêques, ainsi que lors de la dédicace des églises et des autels.
Pourquoi les prêtres et diacres renouvellent leurs promesses à ce moment-là ?
Prêtres et diacres renouvellent publiquement leurs promesses. Ce geste simple et solennel rappelle leur engagement à servir le peuple de Dieu, dans la fidélité et la joie de l'Évangile. C’est un temps de communion profonde entre l’évêque, les prêtres et tous les fidèles.
La Semaine Sainte replonge toute l’Église dans le mystère de la Passion du Christ, le Serviteur qui donne sa vie. Pour les prêtres et les diacres, renouveler leurs promesses signifie alors : se rappeler l’appel reçu, raviver la grâce de leur ordination et se recentrer sur le Christ Serviteur, modèle de leur ministère. C’est une manière de dire : « Oui, Seigneur, je veux encore te suivre et te servir. »
Ce renouvellement des promesses a lieu lors de la messe chrismale car il vient renouveler ainsi que leur mission n'est pas individuelle mais ecclésiale. Ce renouvellement exprime également l'unité du presbyterium (ensemble des prêtres) et des diacres qui collaborent à la mission de l'évêque. Renouveler leurs promesses devant l'Église diocésaine rassemblée rappelle que leur ministère sacerdotal ou diaconal est un service, et non un statut, et c'est l'occasion de demander la prière des fidèles pour un ministère fécond.

Une journée où tout bascule en un soir...
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(Messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur)
Le Jeudi Saint ouvre le Triduum pascal, trois jours où l’Église revit pas à pas le mystère de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ.
Ce premier jour est important pour les catholiques car c'est la commémoration du dernier repas du Christ : l'institution de l'Eucharistie et le lavement des pieds.
C’est une liturgie dense, progressive, qui nous conduit du repas partagé à la nuit de l’agonie, avec la veille priante au jardin de Gethsémani.
Le Jeudi Saint met particulièrement en lumière le mystère d'amour « jusqu'au bout » (Jn 13,1) à travers le don total du Christ, qui se met au service de ses disciples, de ses amis, en leur lavant les pieds alors qu'il se sait "condamné" et qu'il s'apprête à prendre son dernier repas avant d'être arrêté, trahi par un de ses amis.
Pourquoi commémorer un repas ?!
La messe du Jeudi Saint fait mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples.
Ainsi, lors de chaque messe, l'Eucharistie signifie le don ultime du Christ qui s'est donné pour sauver l'humanité.
Trois gestes essentiels sont rappelés lors de cette messe du Jeudi Saint :
- Le don de l’Eucharistie : Jésus prend le pain et le vin et dit « Ceci est mon corps… Ceci est mon sang… ».
Il se donne pour toujours, en nourriture, en présence réelle.
- Le don du sacerdoce : « Faites ceci en mémoire de moi ».
Le Christ confie à ses apôtres – et donc aux prêtres aujourd'hui – la mission de célébrer l’Eucharistie.
- Le geste du lavement des pieds : avant de manger, Jésus a choisi de laver les pieds de ses disciples.
Ce geste, réalisé par le prêtre à la messe, peut surprendre : il renvoie à l'humilité du Christ et à l'appel de se mettre au service.
C'est le signe bouleversant d’un Dieu qui se fait serviteur, qui se met à genoux devant l’homme.
Cette messe est un appel à entrer dans la logique du don : recevoir le Christ, mais aussi apprendre à se donner comme lui.
Pourquoi veiller et prier ?
Veiller et prier, surtout dans la nuit du Jeudi saint, répond à l'appel direct de Jésus de veiller et de prier à ses côtés au jardin des oliviers de Gethsémani avant son arrestation et sa condamnation. C’est un geste simple en apparence, mais chargé de profondeur spirituelle, humaine et communautaire. La prière de Jésus révèle toute son humanité, lui qui vit une angoisse profonde tandis que ses amis s'endorment. Il leur demande de veiller et de prier avec lui, de l'accompagner dans son combat intérieur dans l'attente de l'arrestation et de la mort. Veiller, c’est se tenir auprès de Jésus au moment où il est livré. C’est une manière de participer à son offrande, de se laisser toucher par son amour « jusqu’au bout ».
Veiller et prier, c'est répondre à une demande explicite du Christ : être présent, rester fidèle, ne pas fuir... Une demande qui rejoint une injonction qui revient régulièrement dans les Écritures : « N'ayez pas peur ! ».
C'est lors de cette veille au Mont des Oliviers que Jésus a transmis à ses amis la prière du Notre Père que nous récitons encore aujourd'hui, après que l'un d'eux lui ait demandé comment prier. À travers cette prière, il nous invite à remettre – comme lui – notre volonté entre les mains du Père : exprimer notre propre fragilité, demander la force, apprendre à faire confiance en toutes épreuves, remettre sa vie entre les mains de Dieu.
Comment Jésus fait-il pour ne pas se révolter et accepter la trahison de Judas ?
Judas a livré Jésus aux grands prêtres de Jérusalem pour trente deniers, évènement qui conduira Jésus devant Ponce Pilate.
Jésus ne se révolte pas contre la trahison de Judas parce qu'il savait déjà qu'il allait le livrer. Il l'annonce pendant la Cène : « L’un de vous va me livrer » ; « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer » (Mt 26, 20-25 ; Mc 14, 17-21 ; Lc 22, 21-23 ; Jn 13, 21-30).... Il s'agit justement de Judas. Ils savent tous les deux ce que Judas va faire, mais cela n’enlève rien à la liberté de Judas.
Cela n'empêche pas la souffrance de la trahison, mais ce n'est donc pas une surprise. Jésus ne cesse pas de l'aimer pour autant.
Jésus voit la trahison s'inscrire dans l’histoire du Salut, comme l'accomplissement des Écritures. Il accepte cet évènement pour accomplir sa mission : Jésus transforme un acte de ténèbres en occasion de don. Par sa prière en amont au jardin des oliviers, il choisit de remettre sa vie entre les mains du Père, de se laisser livrer par Judas, plutôt que de se laisser gouverner par la colère ou la peur.
Après la célébration du Jeudi Saint, pourquoi l'autel est-il dépouillé & les croix retirées ou voilées ?
L’autel est dépouillé de ses nappes, fleurs et bougies ; le tabernacle reste vide et ouvert, puisque le Saint-Sacrement a été transféré au reposoir ; les cloches sont arrêtées ; et les croix sont voilées ou retirées. Ces gestes expriment liturgiquement l’entrée dans la Passion et viennent rappeler plusieurs symboles forts : le dépouillement du Christ – humilié et mis à nu au moment de sa Passion, le silence du Vendredi saint et l’attente de la Résurrection.
Ils actent que les heures de la Passion et de la mort du Christ approchent. Ce dépouillement marque aussi la fin de la célébration eucharistique : il n’y aura plus de messe jusqu’à la nuit de Pâques. De la même manière, les cloches ne sonneront plus jusqu'à cette nuit de Pâques.
Ces gestes permettent de faire vivre ce que l'Église célèbre : ressentir la gravité des heures suivant la Cène, entrer dans le dépouillement intérieur et accompagner Jésus dans son chemin vers la croix, dans l'attente de la résurrection.

Un jour de jeûne, de silence et de compassion
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(Messe du soir)
Lors du Vendredi Saint, l'Église commémore la Passion et la mort de Jésus sur la croix.
L'office de ce jour est centré sur la proclamation du récit de la Passion du Seigneur : le procès, la condamnation, la montée au Golgotha (lieu du Calvaire) et la crucifixion jusqu'au dernier souffle du Christ. Il est aussi proposé de suivre un chemin de croix, pour suivre les étapes de la Passion ; et la vénération de ladite croix. Durant ce jour de recueillement, les chrétiens sont appelés au jeûne, démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ.
Pour les chrétiens, la mort de Jésus n'est pas seulement un évènement dramatique : c'est un acte d'amour et de salut. Ils commémorent l'accomplissement du sacrifice rédempteur du Christ, « l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». La liturgie du jour invite à contempler Jésus qui porte nos souffrances, nos douleurs, nos péchés et qui intercède pour les pécheurs que nous sommes – tel que prévu par le prophète Isaïe (Is 53,12). C’est un jour où l’on contemple l’amour plus fort que la mort, un amour qui va jusqu’au bout dans l'attente de la lumière de Pâques.
C'est quoi le Chemin de Croix ? Et pourquoi 14 stations ?
Le Vendredi Saint, l’Église nous fait suivre le Christ pas à pas dans le combat qu’il a accepté de vivre pour nous racheter de nos péchés.
Le Chemin de la croix n’est pas un acte de sadomasochisme, il est l’unique qui vainc le péché, le mal et la mort, parce qu’il débouche sur la résurrection du Christ, en ouvrant les horizons de la vie nouvelle et pleine. Celui qui le parcourt avec générosité et avec foi, donne espérance et avenir à l’humanité. Il sème l’espoir.
LES 14 STATIONS :
- 1e station : Jésus est condamné à mort
- 2e station : Jésus est chargé de sa croix
- 3e station : Jésus tombe sous le bois de la croix
- 4e station : Jésus rencontre sa Mère
- 5e station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
- 6e station : Véronique essuie la face de Jésus
- 7e station : Jésus tombe pour la seconde fois
- 8e station : Jésus console les filles de Jérusalem
- 9e station : Jésus tombe pour la 3e fois
- 10e station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
- 11e station : Jésus est attaché à la croix
- 12e station : Jésus meurt sur la croix
- 13e station : Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère
- 14e station : Jésus est mis dans le sépulcre
- Et... une 15e station avec Marie :
Aujourd’hui, on ajoute parfois une 15ème station, celle du tombeau vide qui relie ainsi, en finale, toutes les stations à la résurrection.
Pourquoi vénère-t-on la Croix ?
La vénération de la Croix est un geste fort où chacun s'approche pour toucher, embrasser ou s'incliner devant le « bois de la croix qui a porté le salut du monde ».
Les chrétiens ne vénèrent pas la croix comme instrument de mort : elle est le signe de l'amour du Christ et de la victoire sur le mal.
À l'époque de Jésus, la croix était le supplice réservé aux esclaves et aux criminels. Pourtant, c'est là que Jésus a choisi de donner de sa vie par amour pour l'humanité. Ainsi, cet instrument donnant la mort est devenu le signe de la vie éternelle. Dans une démarche à la fois commune et personnelle, l'assemblée contemple ainsi le mystère du salut.
Vénérer la croix, c'est reconnaître l'amour et le don total du Christ, son sacrifice pour le salut du monde et la profondeur de son pardon.
C'est se tenir devant le Christ qui a donné sa vie, déposer ses propres souffrances, péchés et fragilités, accueillir la miséricorde qu'il offre & reconnaître que sa mort ouvre un chemin de vie. La vénération est un acte de foi.
Pourquoi n'y a-t-il pas d'eucharistie lors du Vendredi Saint ?
L'Église renonce ce jour‑là à célébrer le sacrement qui fait mémoire de la mort et de la résurrection du Christ : on ne célèbre pas la messe au moment même où l’on contemple la mort du Seigneur. En ce jour, l'Église se plonge dans un profond silence.
L'Eucharistie étant le sacrement de la présence du Christ vivant, les catholiques observent alors un jeûne eucharistique pour signifier l'absence, la mise au tombeau, le silence de Dieu. Ce jeûne exprime ainsi la gravité du jour et la participation au sacrifice du Christ. L’absence d’Eucharistie n’est pas une fin : elle prépare à la grande célébration de la Vigile pascale, où l’Église va retrouver la joie de la Résurrection et la plénitude du sacrement.
La communion est possible lors de l'office du Vendredi Saint mais les hosties sont celles consacrées la veille, lors de la messe du Jeudi Saint.
Pourquoi manger du poisson le vendredi ? Pourquoi doit-on jeûner le vendredi saint ?
Manger habituellement du poisson le vendredi et jeûner le Vendredi saint sont deux pratiques liées, mais elles n’ont pas exactement la même signification. Elles expriment toutes deux une manière concrète de faire mémoire de la Passion du Christ.
Le vendredi, les chrétiens se souviennent de la crucifixion du Christ. Dès les premiers siècles, l’Église a donc instauré le vendredi comme jour de pénitence, marqué par l’abstinence de viande. Renoncer à la viande avait un sens : elle était considérée comme un aliment de fête et de richesse. Le poisson, au contraire, est un mets simple et courant. Il porte aussi une forte symbolique chrétienne comme nourriture venusale : en grec, ichtus (poisson) forme l'acronyme "Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur".
Lors du Vendredi saint, l’Église demande en plus aux fidèles de vivre le jeûne, comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique.
Ce jour unique dans l’année invite à entrer plus profondément dans le mystère de la Passion. Le jeûne permet de vivre ce temps avec le corps autant qu’avec l’esprit : exprimer la pénitence et le deuil spirituel, s’unir au Christ souffrant, préparer son cœur à la Résurrection, et entrer dans un véritable dépouillement intérieur.

La nuit où la lumière remplace les ténèbres
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(Veillée Pascale)
Le Samedi Saint est un jour particulier. C'est le jour de l'attente de la résurrection du Christ.
Il n'y a pas de messe... jusqu'à la Vigile Pascale, au cœur de la nuit du samedi au dimanche de Pâques. Cette nuit-là est une « veille en l'honneur du Seigneur ».
C’est la plus grande célébration de toute l’année chrétienne, « la nuit de toutes les nuits » : la nuit où l’Église passe des ténèbres à la lumière, où elle célèbre la victoire du Christ sur la mort.
Tout commence dehors ou à l’entrée de l’église : un feu nouveau est allumé, avec lequel on allume le cierge pascal. Puis, de main en main, la lumière est transmise aux fidèles : l’église s’illumine peu à peu, comme un signe de la vie qui renaît.
La Vigile pascale est aussi la nuit où l’Église accueille traditionnellement les catéchumènes – les adultes qui ont cheminé pendant plusieurs années pour demander le baptême. Leur baptême, leur confirmation et leur première communion sont célébrés au cœur de cette nuit lumineuse.
Après la liturgie de la Parole et les sacrements, la messe éclate dans la joie : le Christ est ressuscité !
Dès lors, l’Alléluia retentit à nouveau et l’Église entre dans le Temps pascal.
De ce feu est allumé le cierge pascal, grande flamme qui traverse l’obscurité.
Pourquoi allume-t-on un feu et un grand cierge ?
On allume un grand feu nouveau et un grand cierge au début de la Vigile pascale parce que cette nuit célèbre la Résurrection du Christ, « lumière qui a jailli de la nuit ». Ces deux gestes sont parmi les plus anciens et les plus forts de toute la liturgie chrétienne.
Ils font vivre ainsi corporellement le passage de Pâques.
Pourquoi commence-t-on dans la nuit ?
La Vigile pascale a lieu dans la nuit parce que toute la symbolique de Pâques repose sur un passage : celui des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de l’attente à la Résurrection. La nuit n’est pas un simple décor : elle fait partie intégrante du message et de la liturgie.
C'est une tradition très ancienne : les premiers chrétiens veillaient toute la nuit dans l’attente du Christ ressuscité, entre le coucher du soleil du Samedi saint et l’aube du dimanche de Pâques. La nuit permet de voir la lumière naître sous nos yeux, elle prépare à la joie du matin de Pâques.
Pourquoi lit-on autant de lectures ?
On lit autant de lectures de la Bible à la Vigile pascale parce que cette nuit est conçue comme la grande traversée de toute l’histoire du salut, depuis la création jusqu’à la Résurrection. La liturgie ne se contente pas d’annoncer Pâques : elle relit tout ce que Dieu a fait pour conduire l’humanité jusqu’à ce moment décisif.
On y entend les promesses de Dieu, sa fidélité, et la manière dont tout converge vers le Christ.
La liturgie de la Lumière (propre à cette Vigile) propose jusqu'à sept lectures de l'Ancien Testament et deux lectures du Nouveau Testament : la création du monde (Genèse), le sacrifice d’Isaac par Abraham, le passage de la mer Rouge avec Moïse (Exode), les promesses des prophètes (Isaïe, Baruc, Ezéchiel), l’annonce d’une alliance nouvelle. Du fait de la durée conséquente des lectures, il est possible de réduire à trois lectures de l'Ancien Testament (généralement la Genèse, l'Exode et l'un des passages du Livre d'Isaïe).
Ces lectures forment une progression... jusqu'à la proclamation de l'épitre (lettre de St Paul apôtre aux Romains), puis l'évangile de la Résurrection au cœur de la nuit.
Elles ne sont pas un simple rappel historiques. Elles permettent de comprendre la cohérence du projet de Dieu, de relire sa propre vie à la lumière de ces textes et d'entrer dans une méditation prolongée pour cette veillée où l'on attend l'aube nouvelle.
Pourquoi les baptêmes des adultes ont-ils lieu cette nuit-là ?
Pourquoi y renouvelle-t-on les promesses de notre baptême ?
Les baptêmes des adultes et adolescents ont lieu dans la nuit de la Vigile pascale parce que cette nuit est le moment liturgique où l’Église célèbre le passage de la mort à la vie – exactement ce que signifie le baptême. C’est le temps le plus cohérent, le plus symbolique et le plus ancien pour accueillir ceux qui entrent dans la foi.
En effet, le baptême n’est pas seulement un rite d’entrée : il fait entrer dans la vie nouvelle du Christ ressuscité.
Comme la Vigile pascale est aussi la célébration la plus importante de l’année, c'est le moment où toute la communauté ecclésiale est rassemblée. Ainsi, avec tout le peuple de Dieu présent, ce temps liturgique permet d'accueillir les nouveaux baptisés, de renouveler tous ensemble notre foi en Jésus Christ et ainsi de vivre la joie de Pâques avec eux.
Le sacrement du baptême n'est pas un acte privé, il engage toute l'Église : l'ensemble des baptisés est la définition même de l'Église, comme une seule et même communauté.

La surprise joyeuse de Pâques au petit matin
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(Messe du jour de Pâques)
Pâques n’est pas seulement une belle tradition ou un moment familial, ou une inspiration artistique. Pour les chrétiens, c’est la fête des fêtes, le cœur vibrant de toute l’année liturgique. Cette fête célèbre la Résurrection du Christ, par laquelle la mort elle-même a été vaincue. Elle est la fête chrétienne la plus ancienne et centrale de l’année liturgique.... avec un message qui traverse les siècles : si le Christ est vivant, alors l’espérance n’est jamais vaine, la lumière finit toujours par percer.
Que signifie la résurrection de Jésus pour les chrétiens ?

La résurrection est le cœur même de la foi chrétienne : le kérygme. Pour les chrétiens, ce n’est pas seulement un événement miraculeux du passé, mais un message qui touche à la vie, à la mort, à l’espérance et au sens de l’existence humaine.
Les chrétiens croient que Jésus, après avoir été crucifié et mis au tombeau, est revenu à la vie.
Cette résurrection signifie que la mort n’a pas le dernier mot. Elle ouvre la possibilité d’une vie qui dépasse la mort, non pas comme un simple retour à la vie terrestre, mais comme une existence transformée. C'est le triomphe de l’amour sur la violence, du pardon sur le mal.
Ainsi, la résurrection est la preuve ultime pour les croyants que Jésus est bien le Fils de Dieu, le Messie annoncé, celui qui révèle pleinement qui est Dieu.
En quoi Pâques est plus important que Noël ?
Pour les chrétiens, la résurrection de Jésus est l’événement fondateur. Sans cet évènement, il n’y aurait pas de christianisme.
Saint Paul va jusqu’à dire : « Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1ère lettre aux Corinthiens 15, 17).
Noël célèbre la naissance de Jésus, ce qui est essentiel, mais c’est Pâques qui donne tout son sens à cette naissance : Jésus est né pour accomplir une mission : annoncer l'amour de Dieu le Père, donner sa vie et ouvrir un chemin de vie nouvelle. À Noël, Jésus naît comme un enfant vulnérable ; à Pâques, il se révèle alors comme le Fils de Dieu, vainqueur de la mort.
C'est là que s'accomplit la réconciliation définitive entre Dieu et l'humanité.
C'est pourquoi le temps du carême est un temps de réconciliation, de préparation à cette fête.
Pourquoi la date de Pâques change-t-elle chaque année ?
La date de Pâques change chaque année parce qu’elle dépend à la fois du cycle de la Lune et de l’équinoxe de printemps depuis le Concile de Nicée (an 325). Elle suit un calcul astronomique du fait d'un héritage très ancien qui relie la fête chrétienne à la tradition juive et aux cycles naturels.
Contrairement à Noël, fixé au 25 décembre, Pâques est une fête mobile dont la date peut varier entre le 22 mars et le 25 avril.
La règle est simple : Pâques est alors célébrée le premier dimanche après la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps.
Aussi, la fête de Pâques n'est pas à la même date chez les Orthodoxes. Selon les années, pour eux, Pâques peut tomber le même jour que Pâques chez les Catholiques (rare, le cas en 2025), une semaine plus tard, voire cinq semaines plus tard. En 2026, leur fête sera le 12 avril – soit une semaine après Pâques chez les Catholiques.
La raison tient au fait qu'ils utilisent encore le calendrier julien alors que les Catholiques utilisent le calendrier grégorien introduit en 1582, correspondant au calendrier civil mondial actuel. Ils utilisent la même règle établie par le Concile de Nicée précitée, mais ils ont donc une pleine lune "de référence" qui n'est pas la même.
Certaines Églises orthodoxes font attention également à maintenir une règle traditionnelle selon laquelle Pâques ne doit pas être célébrée avant la Pâque juive, par respect pour l'ordre des évènements bibliques.
Pourquoi associe-t-on à cette fête les œufs, le lapin, l'agneau, la poule, le chocolat, les cloches... ?
À Pâques, on pense peut-être d’abord aux oeufs en chocolat, aux cloches revenues de Rome, au lapin caché dans le jardin, ou à l’agneau du déjeuner familial. Toutes ces images font partie du décor et vont garnir les étals de nos supermarchés. Si on vous disait que ces images sont des indices ? Derrière nos traditions se cache une histoire bien plus grande : l’histoire d’un passage, d’une lumière, d’un amour plus fort que la mort.
Découvrez ce qui se cache derrière chaque symbole avec le prochain Saprée Vadrouille n°5 « La surprise de Pâques » dans lequel on vous emmène, à la chasse aux indices, redécouvrir le coeur battant de Pâques : Jésus ressuscité.





















